Mêmes pitons calcaires, même eau vert jade, cinq fois moins de bateaux. Voici comment nous organisons cette étape pour nos voyageurs francophones — et pourquoi nous ne proposons presque plus la baie d'Halong classique.
En bref
Meilleure période
Octobre à décembre et mars à mai ; brume en février-mars, orages en juillet-août
Y aller
3 h de Hanoï par l’autoroute jusqu’à Hai Phong, puis embarquement à Got ou Tuan Chau
Combien de temps
Deux nuits à bord, ou une nuit en jonque et une à Cat Ba
À combiner avec
Hanoï en amont, Ninh Binh sur la même boucle, Sa Pa par le train de nuit
Lan Ha ou Halong : quelle différence, concrètement ?
C’est le même massif calcaire, le même paysage de pitons sortant de l’eau, la même formation géologique. La différence est administrative et, surtout, statistique : la baie d’Halong reçoit plusieurs millions de visiteurs par an et des centaines de bateaux y circulent ; la baie de Lan Ha, qui la prolonge au sud et dépend de Hai Phong et de l’île de Cat Ba, en accueille une fraction.Lan Ha compte près de quatre cents îlots, des plages de sable dans des criques fermées — ce qu’Halong n’a presque pas — et des villages de pêcheurs flottants encore habités. C’est pour ces trois raisons que nous y envoyons nos voyageurs plutôt que sur l’itinéraire classique.
Même paysage, même calcaire. La différence tient au nombre de bateaux.
Quand visiter la baie
Deux fenêtres. D’octobre à décembre : ciel dur, air sec, visibilité excellente, mer calme — c’est la meilleure période. De mars à mai : températures douces, mais avec un risque de crachin, cette brume tenace du printemps tonkinois qui peut effacer le paysage plusieurs jours.Juin à août sont chauds et lumineux mais exposent aux orages et aux typhons ; les sorties sont parfois annulées par la capitainerie, et c’est non négociable. Janvier et février sont froids et gris, entre quatorze et dix-huit degrés : la baignade est exclue et la brume fréquente.
Que voir et que faire sur place
La journée à bord suit toujours à peu près le même rythme, et c’est très bien ainsi : navigation le matin, kayak en fin de matinée dans les tunnels marins de Ba Trai Dao ou les lagons fermés, baignade depuis le pont, déjeuner au mouillage, sieste, cours de cuisine ou pêche au calamar le soir.Deux moments valent d’être demandés : la sortie en kayak à la première heure, quand l’eau est un miroir et qu’aucun moteur ne tourne ; et la visite d’un village flottant — Cai Beo, l’un des plus anciens du Vietnam, habité depuis des siècles — avec un pêcheur plutôt qu’en groupe.
Dormir sur l’eau : jonque, île ou Cat Ba ?
La jonque reste la meilleure formule : on se réveille au mouillage, dans le silence, avant que les bateaux de journée n’arrivent. Deux nuits à bord valent nettement mieux qu’une seule — la première journée est consacrée aux transferts, la seconde est celle où l’on va vraiment dans les recoins de la baie. Comptez 150 à 500 € par personne et par nuit selon le bateau.L’île de Cat Ba offre une alternative : parc national, randonnée au sommet de Ngu Lam, plage de Cat Co, et un langur à tête dorée endémique dont il reste moins de cent individus. Quelques écolodges dans la vallée de Viet Hai permettent une nuit à terre entre deux navigations.
Comment s’y rendre depuis Hanoï
Trois heures de route par l’autoroute de Hai Phong, puis embarquement à Got, à Ben Beo ou à Tuan Chau selon l’opérateur. Les navettes des jonques passent prendre les voyageurs à Hanoï entre sept et huit heures ; le départ effectif se fait vers midi.Un train relie désormais Hanoï à Hai Phong en deux heures trente, plus lent mais plus agréable. Évitez l’hydroglisseur direct par mauvais temps : les annulations sont fréquentes et tardives.
Choisir son bateau
C’est le point qui décide de la qualité du séjour. Trois critères : le nombre de cabines — en dessous de quinze, l’expérience est incomparablement meilleure —, la zone de navigation autorisée, et la politique de traitement des eaux usées, que les meilleurs opérateurs affichent désormais.Méfiez-vous des tarifs très bas : ils correspondent à des bateaux de quarante cabines qui restent dans le couloir principal d’Halong. Nous ne travaillons qu’avec des unités de petite taille dont la licence couvre Lan Ha.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
Ne réserver qu’une nuit à bord : la vraie journée de navigation est la deuxième.
Choisir un gros bateau bon marché et se retrouver dans le couloir à embouteillages.
Venir en février-mars sans savoir que le crachin peut masquer le paysage.
Programmer la baie le dernier jour avant le vol retour : une annulation météo et tout tombe.
Halong, Lan Ha ou Bai Tu Long : le comparatif
Trois noms pour un même massif calcaire, trois expériences différentes. Voici ce qui les sépare vraiment.
Baie d’Halong
Baie de Lan Ha
Bai Tu Long
Trafic
Très dense
Modéré
Faible
Plages
Presque aucune
Nombreuses criques
Quelques-unes
Villages flottants
Largement déplacés
Encore habités
Oui
Embarquement
Tuan Chau, Halong
Got, Ben Beo
Hon Gai
Route depuis Hanoï
2 h 30
3 h
3 h
Prix moyen / nuit
80 – 250 €
150 – 500 €
180 – 450 €
Notre choix est Lan Ha, pour les criques et le trafic. Bai Tu Long est encore plus calme mais l’offre y est étroite et les bateaux plus anciens. Halong reste défendable si votre budget est serré : le paysage est le même, c’est le nombre de bateaux autour du vôtre qui change.
Comment choisir sa jonque
Le nombre de cabines, avant tout
C’est le critère qui décide de tout. En dessous de quinze cabines, on mange à sa table et non à un buffet, on mouille dans des criques où les gros bateaux n’entrent pas, et l’équipage connaît votre prénom au bout d’une heure. Au-dessus de trente, vous êtes sur un hôtel flottant.
La licence de navigation
Toutes les jonques ne sont pas autorisées dans Lan Ha. Un bateau vendu « croisière Lan Ha » à quatre-vingts euros la nuit navigue en réalité dans le couloir principal d’Halong. Demandez la zone exacte, c’est une information que les opérateurs sérieux donnent sans difficulté.
Le traitement des eaux usées
Les meilleurs opérateurs l’affichent désormais. Ce n’est pas un détail : plusieurs centaines de bateaux dorment chaque nuit dans un plan d’eau fermé.
Une nuit ou deux
Deux nuits valent nettement mieux qu’une. La première journée est mangée par les transferts — départ de Hanoï à huit heures, embarquement à midi — et c’est la seconde qui emmène dans les recoins de la baie. Sur une seule nuit, vous passez douze heures à bord dont huit à dormir.
Le calendrier de la baie
Période
Conditions
Notre avis
Octobre – décembre
18 à 26 °C, sec
La meilleure fenêtre. Air limpide, mer calme, visibilité excellente.
Janvier – février
14 à 19 °C
Froid et gris, eau à 18 °C. Baignade exclue, brume fréquente.
Mars – mai
20 à 30 °C
Doux, mais le crachin de mars peut effacer le paysage plusieurs jours.
Juin – août
28 à 35 °C
Chaud et lumineux, baignade parfaite, mais orages et typhons. Annulations possibles.
Septembre
26 à 32 °C
Fin de saison des typhons, mer qui se calme. Bon compromis.
Un point que peu d’agences précisent : c’est la capitainerie qui décide, pas l’opérateur. En cas d’alerte météo, toutes les sorties sont suspendues et c’est non négociable. Ne placez jamais la baie le dernier jour avant votre vol retour.
Une journée à bord, heure par heure
6 h — Le meilleur moment de la croisière. L’eau est un miroir, la brume s’accroche aux pitons, aucun moteur ne tourne. Séance de tài-chi sur le pont supérieur.7 h 30 — Petit-déjeuner au mouillage, puis navigation.9 h 30 — Kayak dans un lagon fermé, accessible par un tunnel marin que la marée n’ouvre que quelques heures par jour. Demandez le créneau de marée la veille au soir.12 h — Déjeuner de fruits de mer venus des radeaux d’élevage devant lesquels vous passez.14 h — Baignade depuis le pont, ou visite d’un village flottant avec un pêcheur plutôt qu’en groupe.17 h — Cours de cuisine ou démonstration de rouleaux frais, selon le bateau.20 h — Pêche au calamar depuis l’arrière, avec une lampe qui attire les bêtes sous la coque. Puis le silence : plus une lumière à l’horizon, et l’on entend les poissons sauter.
Une question ?
Une question sur cette étape ?
Écrivez-nous sur WhatsApp, la réponse arrive dans la journée.
La baie de Lan Ha est-elle vraiment moins fréquentée que la baie d'Halong ?
Oui. Lan Ha est située au sud de l'archipel, côté Cat Ba, et accueille une flotte bien plus réduite. Les paysages karstiques sont les mêmes : ce sont administrativement deux parties du même massif noyé.
Combien de temps faut-il y rester ?
Une nuit à bord suffit pour une première fois. Deux nuits permettent d'atteindre les baies les plus éloignées, où l'on ne croise presque plus personne.
Peut-on se baigner ?
Oui, d'avril à octobre, directement depuis le pont ou sur les plages des îlots. En hiver l'eau descend autour de 18 °C.
Est-ce adapté aux enfants ?
Tout à fait, à partir de quatre ou cinq ans. Gilets de sauvetage à bord, kayak en double avec un adulte, et cabines familiales sur la plupart des jonques.
Faut-il réserver longtemps à l'avance ?
Trois mois pour la haute saison (octobre-avril) et les ponts français, six semaines le reste de l'année.
Halong ou Lan Ha : quelle différence ?
Même massif calcaire, même paysage. Lan Ha reçoit une fraction du trafic, possède des criques de sable qu’Halong n’a presque pas, et ses villages flottants sont encore habités.
Combien de nuits sur une jonque ?
Deux plutôt qu’une. La première journée est mangée par les transferts ; c’est la seconde qui emmène dans les recoins de la baie. Sur une seule nuit, vous passez douze heures à bord dont huit à dormir.
Que faire si la croisière est annulée pour météo ?
C’est la capitainerie qui décide, pas l’opérateur, et la décision est sans appel. Nous replaçons la nuit ailleurs et remboursons la différence — mais ne placez jamais la baie la veille de votre vol retour.