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Formalités et santé

Manger dans la rue au Vietnam : commander, choisir, se repérer

La meilleure cuisine du Vietnam ne se mange pas dans les restaurants. Elle se mange assis sur un tabouret de trente centimètres, devant une échoppe qui ne sert qu’un seul plat depuis trente ans — encore faut-il savoir laquelle choisir et comment commander.

En bref

Le bon indice
Une échoppe qui ne sert qu’un plat, pleine de Vietnamiens, où la marmite bout devant vous
Budget
1 à 3 € le plat, 0,20 € le verre de bière pression
L’horaire compte
Le pho au petit-déjeuner, jamais le soir. Le bún chả à midi, jamais après 14 h
Le seul vrai risque
Les plats tiédis laissés à l’air, pas la cuisine de rue en elle-même

Choisir son échoppe : les indices qui ne trompent pas

Ce que vous voyezCe que cela dit
Un seul plat au menuLe meilleur signal. La maison achète juste ce qu’il faut chaque matin
Beaucoup de VietnamiensRotation rapide des stocks, donc fraîcheur
La marmite bout devant vousCuisson en continu, pas de plat tiédi
Une file à midiLe meilleur indice de tous
Glaçons cylindriques percésGlace industrielle, eau traitée
Carte longue en quatre languesFuyez : stocks lents, cuisine moyenne, prix doublés
Buffet tiédi à l’air libreLe seul vrai risque sanitaire
Échoppe vide à l’heure de pointeIl y a une raison
Un renversement utile : au Vietnam, la cuisine de rue est souvent plus sûre que le restaurant à nappes. L’échoppe qui vend deux cents bols de phở entre six et dix heures ne stocke rien ; le restaurant à carte de quatre-vingts plats conserve.

L’heure fait le plat

C’est la règle la moins connue et la plus utile. Chaque plat a son moment, et le commander hors de sa fenêtre revient à le manger mal.
PlatQuandPourquoi
Phở6 h – 10 hLe bouillon a mijoté la nuit. À midi il est allé
Bún chả11 h – 14 hPlat de déjeuner. Les braseros s’éteignent après
Bánh cuốn6 h – 9 hCuit à la vapeur à la commande, au petit-déjeuner
Bánh mìToute la journéeMeilleur le matin, quand le pain sort
Cơm tấmMatin et midi (Sud)Petit-déjeuner ouvrier à l’origine
Bia hơi17 h – 21 hBrassée le matin, non pasteurisée, ne se garde pas
Fruits de merLe soirArrivée des bateaux en fin d’après-midi
Marchés de nuit18 h – 23 hGrillades, desserts, chè
Demander un phở à vingt heures dans un restaurant touristique donnera un bouillon reconstitué. C’est la première raison pour laquelle des voyageurs rentrent en disant que le pho était meilleur à Paris.

Commander sans parler la langue

La méthode qui marche

Dans une échoppe à plat unique, il n’y a rien à commander : on s’assoit, on lève un ou deux doigts pour le nombre de bols, et l’on est servi. C’est aussi simple que cela, et c’est pourquoi ces adresses conviennent parfaitement au voyageur seul.

Les cinq mots qui suffisent

FrançaisVietnamien
Sans pimentKhông cay
Sans viandeKhông thịt
Sans glaceKhông đá
C’est délicieuxNgon quá
L’additionTính tiền

Le plat n’est pas fini quand on vous l’apporte

C’est le point qui déroute le plus. On vous apportera à côté une assiette d’herbes, du citron vert, du piment, parfois de l’ail au vinaigre. C’est à vous d’accorder le plat : la cuisine vietnamienne repose sur l’équilibre de cinq saveurs, et le cuisinier vous laisse la dernière main.Pour le phở : goûtez le bouillon d’abord, ajoutez ensuite. Pour le bún chả : herbes d’abord, nouilles ensuite, jamais l’inverse.

Les gestes de table

On tient le bol près de la bouche, on aspire les nouilles sans gêne, on pose les baguettes en travers du bol ou sur le repose-baguettes. Ne plantez jamais les baguettes verticalement dans le riz : c’est ainsi qu’on présente l’encens aux morts, et le geste met tout le monde mal à l’aise.

Les plats à connaître, région par région

Le Vietnam a trois cuisines, et commander un plat du Nord dans le Sud donne souvent une version décevante.

Au Nord

PlatCe que c’estPrix
Phở bòNouilles de riz, bouillon de bœuf mijoté la nuit1,50 – 3 €
Bún chảPorc grillé au charbon dans un bouillon tiède aigre-doux2 – 3 €
Chả cáPoisson au curcuma et à l’aneth, cuit à table7 – 12 €
Bánh cuốnRaviolis de riz vapeur, étalés à la louche1,50 – 3 €
Cà phê trứngCafé à l’œuf, inventé à Hanoï en 19461 – 2 €

Au Centre

PlatCe que c’estPrix
Bún bò HuếSoupe de bœuf à la citronnelle et pâte de crevette1,50 – 3 €
Bánh bèo, nậm, lọcPetits gâteaux de riz en coupelles ou feuilles3 – 6 € pour vingt
Cao lầuNouille propre à Hoi An, eau d’un puits cham1,50 – 3 €
Mì QuảngNouilles jaunes au curcuma, peu de bouillon1,50 – 3 €

Au Sud

PlatCe que c’estPrix
Cơm tấmRiz brisé, travers de porc grillé, œuf1,50 – 3 €
Bánh mìBaguette, pâté, charcuterie, herbes, légumes marinés0,80 – 2 €
Hủ tiếuSoupe de nouilles sino-cambodgienne1,50 – 3 €
Bánh xèoCrêpe de riz au curcuma, à rouler dans une feuille2 – 4 €
Un repère de goût : le Nord est sobre et peu épicé, le Centre franchement pimenté, le Sud sucré — le sucre de palme entre dans presque tout, y compris les plats salés.

Le risque réel, et ce qu’il n’est pas

Ce qui arrive le plus souvent aux voyageurs n’est pas une intoxication mais une adaptation : changement de flore intestinale, piment, huile, glutamate. Cela dure vingt-quatre à quarante-huit heures et se traite avec du repos, de l’eau et du riz blanc.Les vrais points de vigilance sont précis et peu nombreux.
À éviterPourquoi
Buffets tiédis à l’air libreLa température intermédiaire est le seul vrai danger
Coquillages crusFiltreurs, eau parfois chargée
Fruits déjà épluchés au soleilDemandez-les entiers
Glace pilée en sac (zones rurales)Origine incertaine, contrairement aux glaçons cylindriques
Salades lavées à l’eau du robinet en zone ruraleSans risque dans les villes
Consultez si la fièvre dépasse trente-huit degrés cinq, si les symptômes durent plus de trois jours, ou en cas de sang dans les selles. Dans les autres cas, un antidiarrhéique et des sels de réhydratation suffisent.

Où s’asseoir, et combien ça coûte

Le mobilier de la cuisine de rue vietnamienne est un tabouret de plastique de trente centimètres. Il se range en pile, sort par dizaines à dix-sept heures, et disparaît avant la ronde de la police municipale. C’est inconfortable et c’est là qu’on mange le mieux.
PostePrix
Un plat de rue1 – 3 €
Un verre de bia hơi0,20 – 0,40 €
Un café filtre0,60 – 1,50 €
Un jus pressé0,80 – 1,50 €
Une journée entière, trois repas compris8 – 15 €
Les prix sont rarement affichés mais rarement gonflés non plus : les échoppes vivent de leur quartier et une réputation se défait vite. Si vous voulez vérifier, regardez ce que paient les clients devant vous, ou demandez bao nhiêu tiền ? avant de vous asseoir.

Le meilleur moyen d’entrer dedans

La première échoppe est la plus difficile : on ne sait pas où s’asseoir, quoi dire, ni si l’on dérange. Deux formules règlent cela en une soirée.Le tour culinaire en scooter, le soir, en passager derrière un guide, avec quatre à six arrêts dans des quartiers différents. Trois à quatre heures, quarante à soixante-dix euros. C’est l’activité que nos voyageurs citent le plus au retour, et son vrai bénéfice n’est pas la liste des plats : c’est qu’ensuite vous entrez seul n’importe où.Le cours de cuisine, qui commence au marché par le choix des produits. Trois heures, et vous saurez reconnaître une vingtaine d’herbes que le français ne sait pas nommer.Faites l’un des deux le premier ou le deuxième jour, pas le dernier. Tout le reste du voyage en bénéficie.

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Questions fréquentes

Est-il dangereux de manger dans la rue au Vietnam ?

Non, et c’est souvent plus sûr qu’un restaurant à carte longue : une échoppe qui vend deux cents bols par matinée ne stocke rien. Le seul vrai risque est le buffet tiédi laissé à l’air libre.

Comment choisir une bonne échoppe ?

Un seul plat au menu, beaucoup de Vietnamiens attablés, la marmite qui bout devant vous, et une file à midi. Fuyez les cartes longues en quatre langues.

À quelle heure manger le pho ?

Entre six et dix heures. Le bouillon a mijoté la nuit ; à midi il est épuisé et le soir on vous servira une version reconstituée. C’est pour cela que des voyageurs trouvent le pho meilleur à Paris.

Combien coûte un repas de rue ?

Un à trois euros le plat, vingt à quarante centimes le verre de bia hơi. Une journée entière avec trois repas tient entre huit et quinze euros.

Les glaçons sont-ils sûrs ?

Oui pour les glaçons cylindriques percés d’un trou, qui sortent d’une usine et d’une eau traitée. Prudence avec la glace pilée en sac, fréquente en zone rurale.

Pourquoi m’apporte-t-on des herbes à côté du plat ?

Parce que le plat n’est pas fini : la cuisine vietnamienne repose sur l’équilibre de cinq saveurs et le cuisinier vous laisse la dernière main. Goûtez le bouillon d’abord, ajoutez ensuite.

Y a-t-il des gestes à éviter à table ?

Ne plantez jamais les baguettes verticalement dans le riz : c’est ainsi qu’on présente l’encens aux morts. Posez-les en travers du bol.

Comment oser entrer dans une échoppe la première fois ?

Faites un tour culinaire en scooter ou un cours de cuisine le premier ou le deuxième jour. Ensuite vous entrerez seul n’importe où, et tout le reste du voyage en bénéficie.

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