Soixante-dix temples cham bâtis entre le IVe et le XIIIe siècle dans une cuvette entourée de jungle, classés à l'UNESCO. Il en reste une vingtaine debout : les bombardements de 1969 ont fait le reste. C'est un site plus émouvant que spectaculaire.
En bref
Meilleure période
Février à août, quand le site est sec ; évitez octobre-novembre, saison des pluies du Centre
Y aller
1 h de route depuis Hoi An, 1 h 15 depuis Da Nang ; ouverture à 6 h
Combien de temps
Une demi-journée, départ à 5 h 30 pour être seul sur le site
À combiner avec
Hoi An comme camp de base, Hué en remontant, Da Nang par le col des Nuages
Le Champa en trois phrases
Avant que le Vietnam ne descende vers le sud, cette côte appartenait au Champa, un royaume hindouiste tourné vers la mer qui commerçait avec l’Inde, Java et la Chine. My Son en fut le sanctuaire pendant plus de mille ans, du IVe au XIIIe siècle : ni ville ni forteresse, mais un lieu de culte où chaque roi ajoutait sa tour.Le royaume s’est éteint lentement, absorbé par les dynasties viêt entre le XVe et le XVIIe siècle. Ses descendants, les Cham, vivent toujours au Vietnam — environ 180 000 personnes, aujourd’hui musulmanes ou hindoues, principalement dans le Sud. Comprendre cela change la visite : My Son n’est pas une ruine anonyme, c’est ce qui reste du sanctuaire national d’un peuple qui existe encore.
My Son n’est pas une ruine anonyme : c’est ce qui reste du sanctuaire national d’un peuple qui existe encore.
Ce qu’il reste, groupe par groupe
Soixante-dix tours ont été construites, une vingtaine tient debout. Les archéologues français les ont désignées par des lettres, et l’usage est resté.Le groupe B-C-D est le cœur du site et le mieux conservé : c’est là que se trouvent les kalan, les tours-sanctuaires, avec leurs linteaux sculptés et un lingam encore en place. Le groupe A a été presque entièrement détruit en 1969. Le groupe G, restauré par une mission italienne, montre le travail de consolidation dans le détail. Comptez deux heures pour faire le tour sans courir.
La brique cham, un mystère non résolu
Les tours sont montées en briques cuites, posées les unes sur les autres sans mortier visible, si serrées qu’on ne glisse pas une lame entre elles. Les sculptures ont été taillées directement dans le mur une fois celui-ci monté, et non reportées.On ne sait toujours pas comment. Résine d’arbre dau rai, cuisson sur place du bâtiment entier, liant végétal disparu : les hypothèses s’accumulent depuis un siècle. Les restaurations modernes, elles, se voient immédiatement — le ciment gris des années 1980 tranche sur l’ocre. Votre guide vous montrera la différence en un coup d’œil ; c’est le détail que les visiteurs retiennent.
Les bombardements de 1969
En août 1969, l’aviation américaine a bombardé la vallée, où le Viet Cong s’était installé. Le groupe A, qui abritait la plus haute tour du site — vingt-quatre mètres —, a disparu en une semaine. Les cratères sont encore visibles entre les bâtiments, remplis d’eau après la pluie.Des mines et des engins non explosés ont été retirés jusque dans les années 2000, ce qui explique les chemins balisés : on ne s’écarte pas des sentiers. Le site est classé à l’UNESCO depuis 1999.
À quelle heure venir
Le site ouvre à six heures. Partez de Hoi An à cinq heures trente : vous arrivez avec la brume encore accrochée aux collines, les briques sont rouges dans la lumière rasante, et vous avez le groupe B-C-D pour vous. Les premiers autocars arrivent vers neuf heures.La seconde meilleure heure est la dernière, vers seize heures : les groupes sont repartis, la lumière revient. Le milieu de journée est à éviter absolument — il n’y a aucune ombre dans la vallée et le site prend une trentaine de degrés au soleil de midi.
Comment s’y rendre
My Son est à quarante kilomètres de Hoi An, soit une heure de voiture, et à cinquante-cinq de Da Nang. Nous vous y emmenons en voiture privée avec un guide francophone, ce qui est la seule façon de partir avant l’aube : les navettes groupées ne démarrent pas avant huit heures.Une voiturette électrique relie le parking aux temples, un kilomètre plus loin. Prévoyez de bonnes chaussures, de l’eau, un chapeau, et des épaules couvertes : c’est un lieu de culte.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
Venir à dix heures avec un groupe : chaleur maximale et cent personnes dans une cour de vingt mètres.
Attendre Angkor. My Son est cent fois plus petit — son intérêt est la sculpture et l’histoire, pas la monumentalité.
Sauter le musée cham de Da Nang. Les plus belles pièces de My Son y sont exposées ; l’un ne se comprend pas sans l’autre.
Visiter sans guide. Sans commentaire, ce sont des tours de briques ; avec, c’est un royaume.
Les groupes de temples, lettre par lettre
Les archéologues français de l’École française d’Extrême-Orient ont désigné les ensembles par des lettres au début du XXe siècle, et l’usage est resté. Voici ce que vous verrez réellement.
Groupe
Époque
État
À voir
B – C – D
Xe – XIe s.
Le mieux conservé
Le cœur du site. Lingam en place, linteaux sculptés, salles longues.
A
Xe s.
Détruit en 1969
Fondations et cratères. La tour de 24 m a disparu en une semaine.
E – F
VIIIe – IXe s.
Sous abri
Les plus anciens vestiges, protégés par des structures métalliques.
G
XIIe s.
Restauré
Chantier italien : on y voit le travail de consolidation en détail.
H – K
Divers
Ruiné
À sauter si vous êtes pressé.
Deux heures suffisent à tout voir sans courir. Si vous n’avez qu’une heure, concentrez-vous sur B-C-D et le groupe G.
My Son ou Angkor : ce qu’il faut savoir avant
Beaucoup de voyageurs arrivent ici avec Angkor en tête et repartent déçus. La comparaison est trompeuse et il vaut mieux la désamorcer avant.
My Son
Angkor
Étendue
2 km de vallée
400 km²
Monuments debout
~ 20
Plusieurs centaines
Durée de visite
2 h
2 à 4 jours
Intérêt principal
Sculpture, brique, histoire cham
Monumentalité
My Son n’est pas un petit Angkor : c’est un sanctuaire, pas une capitale. Son intérêt tient à la sculpture, à la technique de la brique et à l’histoire d’un royaume disparu — pas à la taille. Avec cette attente-là, la visite est une réussite ; avec l’autre, une déception.
L’heure et le prix
Poste
Détail
Ouverture
6 h
Entrée
~ 6 €, voiturette électrique comprise
Meilleur créneau
6 h – 8 h, ou après 16 h
À éviter
10 h – 14 h : aucune ombre, plus de 30 °C
Depuis Hoi An
1 h de route, 40 km
Voiture privée avec guide
50 – 80 € la demi-journée
Spectacle de danse cham
Inclus, à 9 h 30 et 10 h 30
La voiture privée est la seule façon de partir avant l’aube : les navettes groupées ne démarrent pas avant huit heures, et elles arrivent donc au pire moment. C’est la différence entre avoir la vallée pour soi et partager une cour de vingt mètres avec cent personnes.
Comprendre les Cham aujourd’hui
Le Champa n’a pas disparu avec ses temples. Environ cent quatre-vingt mille Cham vivent toujours au Vietnam, principalement dans les provinces de Ninh Thuan et Binh Thuan, plus au sud, ainsi qu’à Chau Doc dans le delta.Leur situation religieuse est unique en Asie. Les Cham du Centre pratiquent le Balamon, un hindouisme localisé avec ses propres prêtres et son calendrier ; ceux du delta et de Chau Doc sont musulmans sunnites depuis le XVIIe siècle ; et un troisième groupe, les Bani, pratique un islam ancien très syncrétique, avec des rites empruntés aux deux.Les tours de Po Klong Garai, près de Phan Rang, sont encore en usage cultuel : ce ne sont pas des ruines mais des temples vivants, où se tient chaque automne la fête du Kate. Si l’histoire cham vous intéresse, cette étape vaut d’être ajoutée — elle donne à My Son un sens que les briques seules ne donnent pas.
Une question ?
Une question sur cette étape ?
Écrivez-nous sur WhatsApp, la réponse arrive dans la journée.
Oui à condition d'y aller tôt et avec un guide. Sans explication, les ruines restent muettes ; avec, c'est l'une des visites les plus marquantes du Centre.
Combien de temps prévoir ?
Une demi-journée au départ de Hoi An, départ vers cinq heures et demie pour être sur place à l'ouverture. Deux heures suffisent à la visite.
Est-ce accessible à tous ?
Le terrain est plat mais les allées sont en terre et inégales. Des chaussures fermées sont recommandées, surtout après la pluie.
Peut-on le combiner avec le col des Nuages ?
Pas dans la même journée sans se presser : le col est au nord de Da Nang, My Son au sud-ouest de Hoi An. Nous les plaçons sur deux journées différentes.
My Son est-il comparable à Angkor ?
Non, et il vaut mieux le savoir avant. My Son est un sanctuaire de deux kilomètres avec une vingtaine de tours debout ; Angkor couvre quatre cents kilomètres carrés. L’intérêt de My Son est la sculpture et l’histoire, pas la taille.
À quelle heure visiter My Son ?
À l’ouverture, six heures, en partant de Hoi An à cinq heures trente. Les navettes groupées ne démarrent pas avant huit heures et arrivent au pire moment : chaleur maximale et aucune ombre.
Existe-t-il encore des Cham au Vietnam ?
Oui, environ cent quatre-vingt mille personnes, surtout à Ninh Thuan et Binh Thuan. Les uns pratiquent un hindouisme localisé, les autres l’islam. Les tours de Po Klong Garai sont encore en usage cultuel.