Vietnam en 3 semaines
Hanoï — Hà Giang — Đồng Văn — Pu Luong — Ninh Binh — Baie de Lan Ha — Hué — Hoi An — Saigon — Delta du Mékong
21 jours / 20 nuits2 à 8 voyageursGuide francophone privéÀ partir de 2 690 € / pers.





Vue d'ensemble
L'esprit du voyage
Trois semaines, c'est le voyage que nous ferions nous-mêmes. Non pas parce qu'il ajoute des étapes — il en ajoute deux — mais parce qu'il supprime la contrainte qui gâte tous les autres formats : celle de devoir repartir le lendemain.
Ce qu'il ouvre et qu'aucune durée plus courte ne permet honnêtement : la boucle de Hà Giang, quatre jours de routes en corniche à l'extrême nord, le long de la frontière chinoise, avec le col de Mã Pí Lèng au-dessus des gorges du Nho Quế. C'est la plus belle route du Vietnam et elle demande du temps, parce qu'on n'y roule qu'à quarante à l'heure.
Le reste du tracé descend ensuite tranquillement : Pu Luong, Ninh Binh, la baie de Lan Ha, Hué, Hoi An, Saigon et le delta. Vingt et un jours, deux vols intérieurs seulement, et aucune journée de plus de sept heures de route — nous coupons le retour de Hà Giang en deux plutôt que d'enfiler 450 kilomètres d'affilée.
Points forts
- ✓Quatre jours sur la boucle de Hà Giang, dont le col de Mã Pí Lèng au-dessus du canyon du Nho Quế.
- ✓Le marché de Mèo Vạc le dimanche, où les Hmong viennent à pied depuis les crêtes.
- ✓Deux nuits à Pu Luong, dans les rizières en terrasses des Thai blancs.
- ✓Une nuit à bord d'une jonque à cabines dans la baie de Lan Ha, loin des flottes d'Hạ Long.
- ✓Le sanctuaire cham de My Son à l'ouverture, et le marché flottant de Cai Rang à cinq heures.
- ✓Le même guide francophone du premier au dernier jour, jamais partagé avec un autre groupe.
Programme en bref
Le voyage d'un coup d'œil
- 01Arrivée à HanoïAccueil francophone à l'aéroport de Noi Bai
- 02Hanoï, la ville aux mille métiersVieux quartier et musée d'Ethnographie
- 03Hanoï — Ha GiangMontée vers l'extrême nord
- 04Ha Giang — Dong VanPlateau calcaire et villages Hmong
- 05Dong Van — Meo VacLe col de Ma Pi Leng et les gorges du Nho Que
- 06Meo Vac — Ha GiangDescente par Yen Minh et le col de Quan Ba
- 07Ha Giang — HanoïRetour au delta par la vallée du Lo
- 08Hanoï — Pu LuongRoute des collines et arrivée dans les terrasses
- 09Pu LuongMarche entre les hameaux thai et roues à aubes en bambou
- 10Pu Luong — Ninh BinhLes karsts de la baie d'Halong terrestre
- 11Ninh Binh — Baie de Lan HaEmbarquement sur une jonque à cabines
- 12Lan Ha — Hanoï — vol vers HuéTai-chi à l'aube puis vol intérieur
- 13Hué impérialeCitadelle, tombeaux royaux et cuisine de cour
- 14Hué — Hoi An par le col des NuagesLa plus belle route côtière du pays
- 15Hoi An, artisans et rizièresVélo, cours de cuisine, pêcheurs du Thu Bon
- 16My Son et retour à Hoi AnRuines cham à l'aube, plage l'après-midi
- 17Hoi An — Da Nang — vol vers SaigonPremière soirée au Sud
- 18SaigonCholon, marchés et mémoire de la guerre
- 19Saigon — Cai BeArroyos du Mékong et nuit chez l'habitant
- 20Cai Be — Can Tho — SaigonMarché flottant de Cai Rang à l'aube
- 21Saigon — vol retourDernier marché et transfert aéroport
Programme détaillé
Jour après jour
Jour 01Arrivée à HanoïD
Guide francophone & chauffeur privé · Transfert 40 km · 45 min
Accueil à Noi Bai et transfert vers le vieux quartier. Trois semaines, c’est la durée à partir de laquelle le Vietnam cesse d’être une succession d’étapes pour devenir un pays cohérent. Ce circuit suit un fil : le relief, et ce qu’il a fait des gens.
Une image résume la géographie du pays, et les Vietnamiens l’emploient eux-mêmes : une palanche portant deux paniers de riz. Les paniers sont les deux deltas — celui du fleuve Rouge au nord, celui du Mékong au sud — et la palanche est la bande côtière du Centre, si étroite qu’elle ne fait que cinquante kilomètres de large à hauteur de Dong Hoi. Trois quarts du territoire sont montagneux et peu peuplés ; les deux deltas concentrent la moitié des habitants.
Vous allez parcourir les trois : d’abord les hautes terres du Nord à Ha Giang, puis le delta du fleuve Rouge, puis la palanche jusqu’à Hoi An, enfin le delta du Mékong. Cinquante-quatre peuples vivent là-dedans, répartis presque exactement selon l’altitude : les Viêt dans les plaines irriguées, les Thai et les Muong dans les vallées intermédiaires, les Hmong et les Dao sur les crêtes.
Dîner de bienvenue, un bún chả grillé au charbon, et mise au point du programme avec votre guide, qui vous accompagne les vingt et un jours.

Jour 02Hanoï, la ville aux mille métiersB, L
Guide francophone · Déplacements courts · Environ 5 km à pied
Hanoï est une ville d’eau, et c’est ce qu’il faut regarder. Elle est née dans un méandre du fleuve Rouge, sur un sol d’alluvions, à l’abri d’une digue commencée au XIe siècle et rehaussée sans interruption depuis. En crue, le fleuve coule deux mètres au-dessus des toits du quartier de Phuc Tan. Son nom le dit : Hà Nội signifie « à l’intérieur des fleuves ».
La ville comptait autrefois des dizaines de lacs, restes d’anciens bras morts ; il en subsiste une vingtaine, dont le lac Hoan Kiem au centre et le grand lac de l’Ouest. Ils servaient de régulateurs de crue, et leur comblement progressif explique une partie des inondations urbaines actuelles.
Le vieux quartier, dit « les trente-six rues », s’est construit par corporations venues des villages du delta dès le XVe siècle : chaque rue un métier, chaque rue un temple. Les maisons ne font que deux ou trois mètres de façade pour trente de profondeur, parce que l’impôt se calculait sur la largeur donnant sur la rue.
L’après-midi, le musée d’Ethnographie — indispensable avant les cinq jours qui suivent. Cinquante-quatre groupes y sont présentés, avec des habitations remontées grandeur nature dans le jardin par les artisans de leurs villages : maison longue ëđê, maison tay sur pilotis, tombe collective bahnar.
Jour 03Hanoï — Hà GiangB, L, D
Route 320 km · 6 à 7 h · Journée de transfert
La plus longue route du circuit, et elle se lit comme une coupe géologique. On quitte le delta — plat, saturé de rizières, un des espaces ruraux les plus denses du monde avec plus de mille habitants au kilomètre carré — pour entrer dans les collines de la moyenne région.
Le riz cède la place au thé, puis au maïs, puis au manioc à mesure que la pente augmente : chaque culture correspond à une tranche d’altitude et à une capacité d’irrigation. C’est le principe qui organise tout le nord du Vietnam. Le riz irrigué exige de l’eau maîtrisée et un terrain qui se nivelle ; au-dessus d’un certain seuil, il devient impossible et l’on passe à la culture sèche.
Ce seuil est aussi une frontière humaine. Les Viêt et les Tay occupent les fonds de vallée irrigables ; les Hmong et les Dao, arrivés de Chine bien plus tard — entre le XVIIIe et le XIXe siècle, en fuyant la répression des révoltes Miao — n’ont trouvé libres que les crêtes, et ont adapté leur agriculture à la pierre. Ce n’est pas un choix culturel : c’est le résultat d’un ordre d’arrivée.
Arrêt déjeuner à Tuyen Quang. Arrivée à Ha Giang en fin d’après-midi, briefing avec le guide local et nuit en maison d’hôtes. Un permis de circulation en zone frontalière est nécessaire pour la suite ; nous l’avons fait établir avant votre arrivée.

Jour 04Hà Giang — Dong VanB, L, D
Route 150 km · 5 h avec arrêts · Routes sinueuses
La journée où le paysage bascule. On monte sur le plateau calcaire de Dong Van, classé géoparc mondial par l’UNESCO en 2010 : deux mille trois cents kilomètres carrés de roche nue, de pitons gris et de dépressions fermées, entre mille et mille six cents mètres d’altitude.
Le calcaire a ici quatre cents millions d’années et il pose un problème redoutable : il ne retient pas l’eau. La pluie disparaît immédiatement dans les fissures et ressort trente ou cinquante mètres plus bas. Les villages hmong du plateau ont donc vécu des siècles avec des citernes creusées à la main et une corvée d’eau quotidienne ; l’État a construit dans les années 2000 des réservoirs bétonnés, les hồ treo, littéralement « lacs suspendus », que l’on aperçoit accrochés aux versants.
La terre est aussi rare que l’eau. Les Hmong cultivent le maïs dans des poches de terre coincées entre les rochers, parfois trois mètres carrés à la fois, en remontant la terre à dos d’homme dans des hottes après chaque orage qui l’a lavée vers le bas. On ne comprend le Nord vietnamien qu’après avoir vu cela.
Arrêt à la porte du Ciel de Quan Ba et à son point de vue sur les collines jumelles, puis au palais des Vuong, demeure hmong de 1919 en pierre et en bois de pin, bâtie par la famille qui contrôlait le commerce de l’opium sous les Français.
Jour 05Dong Van — Meo VacB, L, D
Route 25 km · 2 h avec arrêts · Col à 1 500 m
Vingt-cinq kilomètres seulement, et la plus belle route du Vietnam. Le col de Ma Pi Leng surplombe de sept à huit cents mètres les gorges de la rivière Nho Que, dont l’eau est d’un vert invraisemblable — couleur due aux particules calcaires en suspension, comme dans les lacs alpins.
La route elle-même mérite d’être racontée. Ouverte entre 1959 et 1965, elle a été taillée presque entièrement à la main par des travailleurs de seize ethnies, suspendus à des cordes au-dessus du vide pendant onze mois pour le seul passage du col. Elle porte le nom de « route du Bonheur » parce qu’elle a mis fin à l’isolement complet du plateau : avant elle, il fallait trois jours de marche pour rejoindre Ha Giang.
Descente en barque dans le canyon de Tu San si les conditions le permettent : huit cents mètres de falaises verticales, la gorge la plus profonde d’Asie du Sud-Est. La rivière Nho Que vient de Chine et se jette dans le Gam, puis dans le fleuve Rouge — tout le nord du Vietnam se draine ainsi vers le delta où vous étiez il y a deux jours.
Si vous êtes là un dimanche, le marché de Meo Vac vaut à lui seul le voyage. C’est le plus grand marché aux bestiaux du Nord ; les Hmong y descendent à pied depuis les crêtes dès cinq heures, parfois trois heures de marche, en poussant un buffle ou en portant une hotte.
Jour 06Meo Vac — Ha GiangB, L, D
Route 150 km · 4 h avec arrêts · Routes sinueuses
Descente du plateau par la route de Yen Minh, celle que l’on n’a pas prise à l’aller. Le paysage se referme progressivement : la pierre nue laisse place aux forêts de pins, puis aux terrasses de riz des fonds de vallée.
C’est l’occasion de comprendre la mosaïque ethnique du plateau, qui compte vingt-deux groupes. Les Hmong représentent plus de la moitié de la population, mais ils se divisent eux-mêmes en sous-groupes que le costume distingue : Hmong blancs, Hmong noirs, Hmong fleuris, Hmong verts. Les Dao rouges portent un turban écarlate et épilent le front des femmes mariées. Les Lo Lo, quelques milliers de personnes seulement, ont des broderies géométriques uniques et une langue tibéto-birmane.
Ces distinctions ne sont pas folkloriques : elles indiquent l’origine, l’alliance matrimoniale possible, et parfois la date d’arrivée dans la région. Une femme lit le village d’une autre à trente mètres, comme on lisait autrefois une coiffe en Bretagne.
Arrêt au col de Quan Ba et pause dans un village dao rouge. Nous redormons à Ha Giang plutôt que d’enchaîner quatre cent cinquante kilomètres jusqu’à Hanoï : une demi-journée de route en moins, une soirée tranquille en plus.
Jour 07Ha Giang — HanoïB, L
Route 320 km · 6 à 7 h · Journée de transfert
Retour vers le delta par la vallée du Lo. On refait à l’envers la coupe géologique de l’aller : manioc, maïs, thé, puis riz dès que la pente s’efface.
C’est une journée de route, et il faut l’accepter comme telle. Le nord du Vietnam ne se visite pas en boucle courte : il n’y a ni train ni aéroport à Ha Giang, et les trois cent vingt kilomètres comptent deux cents kilomètres de montagne. C’est aussi ce qui a tenu le plateau à l’écart du tourisme de masse malgré sa notoriété photographique.
Profitez-en pour regarder par la fenêtre. Le Vietnam est le sixième producteur mondial de thé et les collines de Thai Nguyen et de Ha Giang en fournissent une grande part ; vous verrez les cueilleuses, hotte au dos, dans les rangées. Le thé shan tuyet de Ha Giang pousse sur des arbres centenaires de dix mètres, que l’on grimpe pour récolter.
Arrivée à Hanoï en fin d’après-midi, soirée libre. Après cinq jours de montagne et de nuits fraîches, le contraste avec la ville — la chaleur, le bruit, la densité — est saisissant, et c’est en soi une leçon de géographie.
Jour 08Hanoï — Pu LuongB, L, D
Route 170 km · 4 h · Derniers 20 km sinueux
Cap au sud-ouest vers la réserve de Pu Luong, dans la province de Thanh Hoa. Autre montagne, autre monde : on passe du calcaire nu et sec du Haut Tonkin à des vallées humides et boisées où l’eau ne manque jamais.
La différence tient à deux choses. L’altitude d’abord — Pu Luong culmine à mille sept cents mètres mais ses vallées habitées sont à trois cents, contre mille cinq cents à Dong Van. La latitude ensuite : trois cents kilomètres plus au sud, la saison froide y est courte et le riz donne deux récoltes par an au lieu d’une.
Cela change tout pour ceux qui y vivent. Les Thai blancs et les Muong de Pu Luong pratiquent le riz irrigué en terrasses, avec des roues à aubes en bambou qui relèvent l’eau de la rivière — une agriculture d’abondance relative, très loin des poches de terre entre les rochers que vous avez vues à Dong Van. Une même étiquette, « les minorités du Nord », recouvre deux économies entièrement différentes.
Arrivée en fin d’après-midi. Nuit dans une maison thai sur pilotis : l’espace du dessous, autrefois réservé au bétail, sert de salle commune, et l’on dîne assis au sol autour de plats partagés.

Jour 09Pu LuongB, L, D
Marche 8 à 12 km · Dénivelé modéré · Rythme adaptable
Journée de marche d’un hameau à l’autre, par les diguettes et les chemins de terre. La réserve couvre 175 km² et compte dix mille habitants : ce n’est pas un parc mis sous cloche mais une vallée cultivée que l’on traverse à pied.
Les roues à aubes en bambou sont l’objet à regarder. Cinq à six mètres de diamètre, des godets de bambou fendu qui se remplissent en bas et se vident en haut dans une goulotte, et la seule énergie du courant. Elles élèvent l’eau de trois à six mètres, ce qui suffit à irriguer les terrasses intermédiaires. Refaites chaque année sans clou ni vis, elles disparaissent aujourd’hui au profit de pompes électriques — et le savoir-faire avec elles.
Le calcaire de Pu Luong est le même que celui de Ninh Binh et de la baie de Lan Ha : une seule et même formation qui court du Laos jusqu’à la mer sur près de quatre cents kilomètres, tantôt en montagne, tantôt en pitons isolés dans la plaine, tantôt en îlots dans la baie. Vous en verrez les trois états en quatre jours.
Détour par la grotte de Kho Muong, ouverte dans un cirque isolé qu’on atteint par une descente raide au milieu des bambous, et par la cascade en escalier de Ban Hieu, où l’on se baigne entre deux vasques.
Jour 10Pu Luong — Ninh BinhB, L
Route 130 km · 3 h · Barque à rames 1 h 30
Redescente vers la plaine. En trois heures, on passe de la montagne au delta — et l’on retrouve le même calcaire, mais isolé au milieu des rizières.
Ninh Binh s’explique par un mot : émersion. La mer recouvrait cette plaine il y a six mille ans et les pitons étaient des îles ; les grottes que vous traverserez en barque ont été creusées par elle, à hauteur du niveau marin de l’époque, et elles sont toutes à peu près à la même altitude — détail qui saute aux yeux une fois qu’on l’a remarqué. Le retrait de la mer et l’apport de limon du fleuve Rouge ont ensuite comblé les détroits.
Ce comblement continue. Le delta gagne encore entre cinquante et cent mètres sur la mer chaque année dans le secteur de Kim Son, au sud-est, où les paysans plantent des mangroves puis endiguent. C’est l’inverse exact de ce qui se passe dans le delta du Mékong, où vous irez en fin de voyage.
Sortie en barque à rames après quinze heures, quand la lumière devient rasante. Les rameuses de Tam Coc poussent les avirons avec la plante des pieds. Nuit dans un lodge au milieu des rizières, au pied des falaises.

Jour 11Ninh Binh — Baie de Lan HaB, L, D
Route 180 km · 3 h 30 · Embarquement 12 h
Route vers la côte et embarquement à midi sur une jonque de petite taille dans la baie de Lan Ha, au sud d’Halong.
Troisième état du même calcaire : ici il est noyé. Ces trois mille îlots sont les sommets d’un relief karstique dont les pieds sont à cent mètres sous la surface. La mer est remontée de cent vingt mètres après la dernière glaciation, il y a dix à vingt mille ans, et a noyé les vallées en laissant dépasser les tours. Le processus s’observe encore : les îlots sont sapés à leur base par les vagues, ce qui leur donne cette taille de guêpe caractéristique, et certains finiront par s’effondrer.
Les lagons intérieurs sont ce qu’il y a de plus curieux. Certaines îles sont creuses : leur cœur s’est effondré et forme un lac d’eau de mer fermé, relié au large par un seul tunnel praticable à marée basse. Coupés depuis des millénaires, ils abritent des espèces endémiques — certains ont leur propre gecko, leur propre crabe.
Kayak en fin de journée dans l’un d’eux. Le soir, tous les moteurs sont coupés ; on entend l’eau contre la coque et les poissons sauter. Nuit au mouillage.

Jour 12Lan Ha — Hanoï — vol vers HuéB, L
Route 180 km · 3 h 30 · Vol intérieur 1 h 15
Dernière navigation à l’aube, débarquement en milieu de matinée, vol pour Hué dans l’après-midi.
Vous quittez le panier nord de la palanche pour la palanche elle-même. À hauteur de Hué, le Vietnam ne fait plus que soixante-dix kilomètres de large entre la mer et la frontière laotienne ; à Dong Hoi, plus au nord, il en fait cinquante. La chaîne Annamitique tombe presque dans la mer, ne laissant qu’un liseré de plaine côtière où s’entassent les villes, la route nationale, la voie ferrée et les rizières.
Cette étroitesse explique deux choses. Le climat d’abord : la chaîne bloque la mousson venue de la mer et Hué reçoit près de trois mètres d’eau par an, l’un des totaux les plus élevés d’Asie du Sud-Est, concentrés d’octobre à décembre. L’histoire militaire ensuite : un pays qui ne fait que cinquante kilomètres de large en son milieu peut être coupé en deux, ce qui a été tenté ou fait à plusieurs reprises.
Première soirée sur les quais de la rivière des Parfums, plus calme que tout ce que vous avez vu jusqu’ici.
Jour 13Hué impérialeB, L
Guide francophone · Bateau-dragon 45 min · Déplacements courts
La citadelle à l’ouverture de sept heures : un carré de deux kilomètres de côté, remparts et douves, bâti sur le modèle Vauban par des ingénieurs français au service de Gia Long en 1804.
L’emplacement n’a rien d’arbitraire. Hué est à mi-distance des deux deltas, sur la seule plaine un peu large du Centre, protégée à l’ouest par la chaîne Annamitique et au sud par le col des Nuages. Les géomanciens de la cour ont en outre exigé que la citadelle soit orientée vers la colline de l’Écran, sur l’autre rive, qui fait écran aux influences néfastes venues du sud — le phong thủy, ce que nous appelons feng shui, a déterminé le tracé des murs autant que la balistique.
En février 1968, pendant l’offensive du Tết, la citadelle fut tenue vingt-six jours puis reprise bâtiment par bâtiment. Sur cent soixante édifices, une vingtaine a survécu. La cité pourpre interdite est aujourd’hui une esplanade d’herbe où l’on devine les fondations.
L’après-midi, remontée de la rivière en bateau-dragon jusqu’à la pagode de Thien Mu, puis deux tombeaux impériaux choisis sur sept : Tu Duc, un parc avec un lac aux lotus, et Khai Dinh, béton noirci et mosaïques de porcelaine. Les sept tombeaux sont dispersés dans les collines au sud, chacun sur un site choisi par les géomanciens du vivant de l’empereur.

Jour 14Hué — Hoi An par le col des NuagesB, L
Route 130 km · 4 h avec arrêts · Col à 496 m
La route longe d’abord la lagune de Tam Giang, la plus grande d’Asie du Sud-Est : soixante-dix kilomètres de long, vingt-deux mille hectares, séparée de la mer par un cordon de sable percé de deux passes. Des dizaines de milliers de familles y vivent de la pêche aux filets fixes, ces palissades de bambou plantées dans l’eau peu profonde qui piègent le poisson au reflux. Certaines vivaient encore sur des barques il y a vingt ans.
Puis le col des Nuages, le Hải Vân. Quatre cent quatre-vingt-seize mètres au-dessus du Pacifique, là où un contrefort de la chaîne Annamitique vient mourir dans la mer. C’est la frontière climatique du pays : il arrête l’air froid venu de Chine, et le Sud commence de l’autre côté. Il n’est pas rare de partir de Hué sous la pluie et de redescendre au soleil sur Da Nang — un écart de dix degrés en janvier n’est pas exceptionnel.
Depuis l’ouverture du tunnel en 2005 les camions passent dessous et la crête est presque vide. Nous la prenons toujours, pour la descente sur la baie de Lang Co et sa langue de sable entre lagune et mer.
Arrêt au musée cham de Da Nang, qui prépare la journée de My Son. Arrivée à Hoi An quand les lanternes s’allument.

Jour 15Hoi An, artisans et rizièresB, L
Vélo 12 km · Terrain plat · Cours de cuisine 3 h
Hoi An est née d’un delta minuscule, celui du Thu Bon, et d’un régime de vents. Les jonques venues de Chine et du Japon descendaient avec la mousson du nord-est en hiver et ne pouvaient repartir qu’avec celle du sud-ouest, en été : quatre à cinq mois d’attente. C’est cette contrainte météorologique, et non un hasard politique, qui a fait de Hoi An l’un des grands ports d’Asie du Sud-Est du XVe au XIXe siècle.
La même géographie l’a tuée. Le Thu Bon charrie énormément de sédiments depuis les montagnes toutes proches ; l’estuaire s’est envasé au XIXe siècle, les navires de fort tirant d’eau ne sont plus passés, et le commerce est parti à Da Nang, qui a une baie profonde. Hoi An s’est endormie pendant cent cinquante ans — ce qui a sauvé huit cents bâtiments.
Matinée à vélo dans les villages. Tra Que cultive les herbes de toute la région sur des planches fumées aux algues de la rivière, sans engrais, depuis quatre siècles. Cam Thanh est une palmeraie d’eau saumâtre — le nipa, palmier qui ne pousse que dans les estuaires — où l’on circule en barque ronde en bambou.
Après-midi de cuisine, qui commence au marché. Le cao lầu exige l’eau d’un puits cham précis et de la cendre de bois brûlé sur les îles Cham, au large : une recette entièrement déterminée par un lieu, ce qui explique qu’elle ne se fasse nulle part ailleurs.
Jour 16My Son et retour à Hoi AnB, L
Départ 6 h · Route 45 km · 1 h · Marche 2 km sur site
Départ à six heures pour être sur le site à l’ouverture, avec la brume encore accrochée aux collines et les briques rouges dans la lumière rasante.
My Son fut le sanctuaire du Champa du IVe au XIIIe siècle. Le choix du lieu est encore une affaire de géographie sacrée : une vallée fermée de deux kilomètres, un ruisseau, et une montagne à pic — le Mahaparvata, la « grande montagne » — identifiée à la résidence de Shiva. Les Cham étaient hindouistes, marins et commerçants, tournés vers l’Inde et Java bien plus que vers la Chine : c’est l’autre Vietnam, celui que la marche vers le sud a recouvert.
Soixante-dix tours ont été construites, une vingtaine tient debout. Elles sont montées en briques posées sans mortier visible, et les sculptures ont été taillées dans le mur une fois celui-ci monté. On ne sait toujours pas comment.
En août 1969, l’aviation américaine a bombardé la vallée où s’était installé le Viet Cong : le groupe A et sa tour de vingt-quatre mètres ont disparu en une semaine. Les cratères sont encore visibles, et des engins non explosés ont été retirés jusque dans les années 2000. On ne s’écarte pas des sentiers.
Retour à Hoi An pour le déjeuner, après-midi libre.

Jour 17Hoi An — Da Nang — vol vers SaigonB
Route 30 km · 45 min · Vol intérieur 1 h 20
Matinée libre — le marché aux poissons du quai entre six et sept heures est le meilleur usage possible — puis vol vers Saigon.
Mille kilomètres en une heure vingt, et vous passez de la palanche au second panier. Le delta du Mékong et sa métropole ne ressemblent à rien de ce que vous avez vu : une plaine de quarante mille kilomètres carrés, plate à l’extrême, qui dépasse rarement deux mètres d’altitude, et une ville de dix millions d’habitants posée à sa charnière.
La différence avec le delta du fleuve Rouge est frappante une fois qu’on la connaît. Le Nord est un delta ancien, endigué depuis mille ans, où chaque parcelle est maîtrisée et où le village ceint de bambou est la cellule de base. Le Sud est un delta jeune, colonisé seulement depuis le XVIIe siècle, où l’habitat s’étire le long des canaux au lieu de se grouper, et où la crue annuelle est acceptée plutôt que combattue. Deux rapports à l’eau, deux sociétés.
Première soirée dans le premier arrondissement. Pour traverser la rue : on avance lentement, sans à-coup, sans reculer, et les scooters vous contournent.

Jour 18Saigon — Cholon et mémoire de la guerreB, L
Guide francophone · Déplacements en ville · Trafic dense
Journée en ville. Le palais de la Réunification est resté dans son état du 30 avril 1975 — moquettes orange, téléphones à cadran, salle des cartes au sous-sol — et le musée des Vestiges de la guerre demande deux heures et de la disponibilité.
L’après-midi, Cholon. Le nom signifie « grand marché » et le quartier est chinois depuis le XVIIIe siècle : des marchands cantonais, teochew, hakka et fujianais s’y sont installés par communauté d’origine, chacune avec sa salle d’assemblée et son temple. La pagode Thien Hau, dédiée à la déesse des marins, a des spirales d’encens suspendues qui brûlent deux semaines.
Ces communautés tenaient le commerce du riz du delta, ce qui en faisait un rouage central de l’économie coloniale puis sud-vietnamienne. Les nationalisations de 1978 les ont frappées de plein fouet et expliquent une grande part de l’exil des boat people — sur environ huit cent mille personnes parties par la mer entre 1975 et 1995, une forte proportion était sino-vietnamienne.
Le marché de Binh Tay, bâti en 1928 par un marchand cantonais autour d’une cour à ciel ouvert, referme la journée.

Jour 19Saigon — Cai BeB, L, D
Route 110 km · 2 h 30 · Sampan 2 h
Route vers le sud-ouest et le delta. Le Mékong prend sa source à cinq mille mètres sur le plateau tibétain, traverse six pays sur quatre mille trois cents kilomètres, et arrive ici sans plus aucune pente : il ne descend que d’un mètre sur les deux cents derniers kilomètres. C’est pourquoi il s’étale en neuf bras que les Vietnamiens appellent le fleuve des Neuf Dragons.
Le delta fonctionne au rythme de la crue. De juillet à novembre, le niveau monte de deux à quatre mètres et inonde une partie des terres ; les paysans du nord de la région, autour de Chau Doc, ont longtemps organisé leur année autour de cette « saison de l’eau montante », qui apporte les sédiments fertiles et les poissons. Le riz flottant, une variété dont la tige s’allongeait avec la montée des eaux, a presque disparu au profit de digues et de trois récoltes annuelles.
Après-midi en sampan dans les arroyos de Cai Be. On passe d’un bras large comme la Loire à un canal où les branches se touchent au-dessus de la tête. Arrêts dans les fabriques familiales : galettes de riz étalées à la louche au-dessus d’un feu de balle de riz, bonbons de coco tirés à la main.
Nuit en maison d’hôtes au milieu d’un verger, avec le dîner de la famille.
Jour 20Cai Be — Can Tho — SaigonB, L
Lever 5 h · Bateau 2 h · Route 170 km · 3 h 30
Lever à cinq heures pour le marché flottant de Cai Rang, marché de gros où les grossistes achètent aux producteurs entre cinq et sept heures. À neuf heures il n’en reste rien. Chaque bateau accroche à une perche un échantillon de ce qu’il vend. Nous le disons franchement : le marché a beaucoup diminué depuis que les ponts permettent le transport par camion — une centaine de bateaux contre plusieurs centaines il y a vingt ans.
Il faut parler de ce qui menace ce delta, parce que c’est la conclusion géographique de votre voyage. Trois mécanismes se combinent. Les barrages construits en amont, en Chine et au Laos, retiennent les sédiments qui construisaient la plaine — leur flux a diminué de moitié en trente ans. L’extraction de sable dans les bras creuse le lit et fait s’effondrer les berges. Et le pompage massif des nappes phréatiques fait s’affaisser le sol de un à quatre centimètres par an, soit bien plus vite que la mer ne monte.
Résultat : l’eau salée remonte de plusieurs dizaines de kilomètres en saison sèche, et les agriculteurs passent du riz à la crevette. Le delta du fleuve Rouge, lui, continue de gagner sur la mer. Un pays, deux deltas, deux trajectoires opposées.
Retour à Saigon en fin d’après-midi.
Jour 21Saigon — vol retourB
Transfert 8 km · 30 à 60 min selon le trafic
Selon l’horaire de votre vol, une dernière matinée : le premier arrondissement à pied, avec la poste centrale, la cathédrale en briques de Toulouse et l’opéra, ou un dernier café filtre sur un trottoir.
En vingt et un jours vous aurez traversé la palanche et ses deux paniers. Un plateau calcaire à mille cinq cents mètres où le maïs pousse dans des poches de terre entre les rochers. Des vallées à trois cents mètres où des roues de bambou relèvent l’eau vers les terrasses. Un delta ancien, endigué depuis mille ans, qui gagne encore sur la mer. Une bande côtière de cinquante kilomètres de large coincée entre une chaîne de montagnes et le Pacifique. Et un delta jeune, plat, immense, qui commence à s’enfoncer.
Vous aurez aussi vu que ces reliefs ont distribué les gens. Les Viêt dans les plaines irriguées, les Thai et les Muong dans les vallées intermédiaires, les Hmong et les Dao sur les crêtes, les Cham et les Khmers Krom sur les terres du sud absorbées plus tard. Cinquante-quatre peuples répartis presque exactement selon l’altitude et l’ordre d’arrivée.
C’est ce qui rend un voyage de trois semaines différent d’un voyage de dix jours. On ne voit pas seulement plus de choses : on finit par comprendre pourquoi elles sont là.
Transfert à Tan Son Nhat, qui se trouve dans la ville même — comptez le trafic plutôt que la distance.
Bon à savoir
Climat
Trois semaines traversent toutes les zones climatiques du pays, il n'y a donc pas de mois parfait. Les meilleures fenêtres sont mars-avril et octobre-novembre. Pour Ha Giang, évitez janvier-février : la brume avale les paysages et il peut geler à 1 500 mètres. Le plateau est au plus beau en septembre-octobre, quand le sarrasin fleurit.
Ha Giang est-il difficile ?
Physiquement non : tout se fait en voiture privée avec chauffeur, pas en moto. Ce qui est exigeant, ce sont les distances et les virages, six à sept heures de route les jours 3 et 7, cinq heures le jour 4. Si vous êtes sujet au mal des transports, dites-le nous, nous adaptons les horaires et les pauses.
Hébergement
Hôtels de charme 3 et 4 étoiles en ville, maisons d'hôtes simples mais propres dans le Nord montagneux, lodge sur pilotis à Pu Luong, écolodge à Ninh Binh, jonque à cabines en baie de Lan Ha et maison d'hôtes familiale dans le delta.
Permis de zone frontière
La boucle de Ha Giang longe la frontière chinoise et exige un permis de circulation pour les étrangers. Nous nous en chargeons et il est inclus dans le prix : transmettez-nous une copie de votre passeport quinze jours avant le départ.
Visa
Vingt et un jours restent très en deçà des 45 jours d'exemption dont bénéficient les ressortissants français (mesure en vigueur jusqu'au 14 mars 2028). Aucune démarche n'est donc nécessaire. Le passeport doit être valable six mois après la date d'entrée.
Vols internationaux
Non inclus, volontairement : vous restez libre de votre compagnie et de vos escales. Comptez 550 à 1 300 € aller-retour depuis Paris selon la saison, autour de 900 € en moyenne. Un billet arrivant à Hanoï et repartant de Saigon vous évite de refaire le pays en sens inverse.
Tarifs & prestations
Trois niveaux de confort, un seul itinéraire
Le programme, le guide francophone et le chauffeur privé sont identiques aux trois niveaux : seule la catégorie des hébergements change. Prix indicatifs par personne, base deux voyageurs, hors vols internationaux. Le devis final dépend de vos dates, du nombre de voyageurs et des hébergements retenus avec vous.
Nos services incluent
- ✓Conception et ajustements illimités de l'itinéraire avant réservation.
- ✓20 nuits en hébergement de charme, taxes et petits-déjeuners compris.
- ✓Guide francophone privé sur l'ensemble du circuit.
- ✓Chauffeur et véhicule privés climatisés, eau et wifi à bord.
- ✓Permis de circulation en zone frontière pour la boucle de Hà Giang.
- ✓Vols intérieurs Hanoï–Hué et Da Nang–Saigon, bagage inclus.
- ✓Tous les repas mentionnés au programme (B / L / D).
- ✓Entrées des sites, croisière en baie, My Son, cours de cuisine, sampan du Mékong.
- ✓Transferts aéroport et assistance francophone pendant tout le séjour.
Nos services excluent
- ✕Vols internationaux depuis et vers la France.
- ✕Assurance voyage et rapatriement (obligatoire, nous vous conseillons).
- ✕Repas non mentionnés au programme et boissons.
- ✕Dépenses personnelles, blanchisserie, spa et massages.
- ✕Pourboires au guide et au chauffeur, laissés à votre appréciation.
- ✕Visites optionnelles proposées sur place.
- ✕Supplément chambre individuelle.
Prêt à fixer les dates ?
Envoyez-nous vos dates et le nombre de voyageurs : vous recevrez un itinéraire personnalisé, chiffré ligne par ligne, sous 24 heures ouvrées.
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