J'aime le Vietnam

Traditions

Médecine traditionnelle vietnamienne : plantes et ventouses

Ces traînées rouges dans le dos des gens ne sont ni des blessures ni des violences. Le système du chaud et du frais, les bains de plantes des Dao rouges, ce qui se rapporte et ce qui ne se rapporte surtout pas.

Deux médecines qui cohabitent

Le Vietnam pratique deux médecines en parallèle, et pas en opposition. La thuốc tây, « médecine occidentale », règne dans les hôpitaux. La thuốc nam, « médecine du Sud », désigne la pharmacopée locale, distincte de la médecine chinoise dont elle s’est nourrie sans se confondre avec elle.La différence n’est pas seulement géographique : la thuốc nam privilégie les plantes qui poussent sur place, souvent fraîches, et se transmet dans les familles autant que dans les écoles. La médecine chinoise classique, plus savante et plus codée, coexiste avec elle dans les grandes villes.Une figure domine cette tradition : Tuệ Tĩnh, moine et médecin du XIVe siècle, qui défendit l’idée que les Vietnamiens devaient se soigner avec les plantes vietnamiennes. Sa formule est restée proverbiale et vous la verrez citée dans les pharmacies traditionnelles.Aujourd’hui, les deux systèmes se croisent sans conflit : un hôpital public peut avoir un service de médecine traditionnelle, et un patient prendre un antibiotique le matin et une décoction le soir.
Tắm bằng cây Dao

Qu’est-ce que le cạo gió, ces marques rouges dans le dos ?

C’est ce qui intrigue le plus les voyageurs : des traînées rouges parallèles sur le dos ou la nuque de quelqu’un, parfois très marquées. Il ne s’agit ni de blessures ni de violences.Le cạo gió, littéralement « gratter le vent », consiste à frotter la peau huilée avec le bord d’une pièce de monnaie ou d’une cuillère jusqu’à faire apparaître ces marques. La conception sous-jacente est celle du vent — un agent pathogène qui pénètre le corps et qu’il faut faire sortir. On y recourt contre le rhume, la fièvre légère, la fatigue, le mal des transports.Le giác hơi, les ventouses, laisse des cercles violacés réguliers et procède de la même logique. Les deux pratiques sont extrêmement répandues, dans toutes les classes sociales, et parfaitement banales pour ceux qui les portent.Si l’on vous en propose, sachez que c’est un geste d’attention. Vous pouvez accepter ou décliner d’un sourire ; les marques mettent plusieurs jours à disparaître.

Que trouve-t-on dans une pharmacie traditionnelle ?

Les rues d’herboristes sont l’un des lieux les plus photogéniques du pays : murs de tiroirs en bois étiquetés de caractères chinois, balances de précision, sacs de racines et d’écorces, odeur puissante. Hanoï et Saigon en comptent chacune un quartier entier.On y trouve la cannelle et l’anis étoilé — qui parfument aussi le phở —, la réglisse, le gingembre, le ginseng, l’artichaut de Đà Lạt, et le fameux baume du tigre, invention de la région et remède universel local contre les maux de tête, les piqûres et les courbatures.Les bains de plantes des Dao rouges méritent une mention à part : une centaine d’espèces bouillies ensemble dans un fût de bois brûlant, dans lequel on s’immerge après une journée de marche en montagne. C’est l’une des expériences les plus appréciées de nos voyageurs à Sa Pa et à Hà Giang, et l’une des moins coûteuses.Deux mises en garde honnêtes. Les alcools de serpent et les produits à base d’animaux sauvages relèvent du trafic d’espèces protégées : n’en achetez pas, et sachez que leur importation en France est interdite. Et une préparation traditionnelle ne remplace pas un traitement médical : parlez-en à votre médecin, en particulier si vous suivez déjà un traitement.

Ces traînées rouges dans le dos ne sont pas des blessures. C’est le vent qu’on fait sortir du corps.

Le chaud, le froid, et pourquoi on vous dira de ne pas boire glacé

La clé de tout le système tient dans un couple : nóng et mát, le chaud et le frais. Ce ne sont pas des températures mais des propriétés attribuées aux aliments et aux états du corps.Le durian, le litchi, la mangue et le bœuf sont « chauds » : trop en manger provoque boutons et maux de gorge. Le concombre, la pastèque, le pomelo et le canard sont « frais ». Un repas équilibré est un repas où les deux se compensent, et c’est une logique qui organise réellement les menus familiaux.D’où des conseils qui déconcertent : on vous déconseillera de boire très glacé quand vous avez chaud, de sortir les cheveux mouillés, ou de vous asseoir directement devant un ventilateur après l’effort. Ce sont des règles de bon sens local, pas des superstitions — et il n’y a aucun inconvénient à les suivre.Vous entendrez souvent cette grille appliquée à vous-même : « vous êtes trop chaud, mangez du pomelo ». C’est une forme d’attention, et une excellente porte d’entrée pour une conversation avec votre hôte.
Massage traditionnel huiles chauffées

Où s’y intéresser en voyage

  • Une rue d’herboristes à Hanoï ou Saigon, avec votre guide pour traduire les étiquettes. Une heure, gratuit.
  • Un bain de plantes dao à Sa Pa, Hà Giang ou dans les vallées du Nord, après une journée de marche.
  • Un marché de montagne, où les plantes médicinales occupent souvent une allée entière, vendues par les femmes qui les ont cueillies.
  • Un massage traditionnel, plus appuyé que le thaï, souvent à base d’huiles chauffées.
Nous ajoutons volontiers l’une de ces expériences à un itinéraire, en particulier le bain de plantes après une étape de randonnée. Dites-le nous à la construction du programme : cela se prévoit la veille, pas le jour même.

Une question ?

Une question sur cette étape ?

Écrivez-nous sur WhatsApp, la réponse arrive dans la journée.

Demander un devis →

Le journal du Vietnam

Le journal du Vietnam

Lire tous les récits →

Questions fréquentes

Que sont ces marques rouges dans le dos des Vietnamiens ?

C’est le cạo gió, « gratter le vent » : on frotte la peau huilée avec le bord d’une pièce pour faire sortir le « vent » tenu responsable du rhume ou de la fatigue. Les ventouses laissent des cercles violacés. Ce ne sont ni des blessures ni des violences.

La médecine traditionnelle vietnamienne est-elle la même que la chinoise ?

Non. La thuốc nam privilégie les plantes qui poussent sur place, souvent fraîches, et se transmet dans les familles. La médecine chinoise, plus savante et codée, coexiste avec elle dans les grandes villes.

Qu’est-ce qu’un bain de plantes dao ?

Une centaine d’espèces bouillies ensemble dans un fût de bois brûlant, dans lequel on s’immerge après une journée de marche. C’est l’une des expériences les plus appréciées de nos voyageurs dans le Nord, et l’une des moins coûteuses.

Pourquoi me dit-on de ne pas boire glacé ?

À cause de la grille nóng / mát, le chaud et le frais, qui classe aliments et états du corps. Boire très glacé quand on a chaud, sortir les cheveux mouillés ou s’asseoir devant un ventilateur après l’effort sont déconseillés. C’est une forme d’attention.

Peut-on rapporter des remèdes traditionnels ?

Les plantes, épices et baumes courants, oui. En revanche n’achetez jamais d’alcool de serpent ni de produit à base d’animaux sauvages : cela relève du trafic d’espèces protégées et l’importation en France est interdite.

Est-ce une alternative à un traitement médical ?

Non, et nous le disons clairement : une préparation traditionnelle ne remplace pas un traitement. Parlez-en à votre médecin, en particulier si vous suivez déjà un traitement, avant de tester quoi que ce soit sur place.

Passer à la pratique

Les circuits où l’on vit ce dont parle cet article

Les incontournables

Vietnam en 3 semaines

Passe par Ha Giang

Hanoï — Hà Giang — Đồng Văn — Pu Luong — Ninh Binh — Baie de Lan Ha — Hué — Hoi An — Saigon — Delta du Mékong

21 joursdès 2 690 €

Voir le programme →

Culture & gastronomie

Saveurs du Vietnam — 10 jours

Dans la même envie : Culture & gastronomie

Hanoï — Bat Trang — Hué — Hoi An — Saigon — Cai Be

10 joursdès 1 450 €

Voir le programme →

Voir nos 9 circuits →

Envie de vivre ces moments-là, et pas seulement de les lire ?

Racontez-nous vos envies et vos dates : un conseiller francophone basé à Hanoï vous répond sous 24 heures ouvrées, sans engagement.

Retour en haut
Rechercher