Sa Pa est la seule étape du Nord que nous ne recommandons pas d'office. La ville a été bétonnée et les villages les plus proches sont saturés. Pourtant, à une heure de marche de là, la vallée de Muong Hoa reste l'un des plus beaux paysages du pays.
En bref
Meilleure période
Septembre-octobre pour les rizières dorées, mars-mai pour les fleurs ; brume de décembre à février
Y aller
Train de nuit de Hanoï à Lao Cai puis 1 h de route, ou 5 h 30 par l’autoroute
Combien de temps
Deux nuits, dont une dans un village plutôt qu’en ville
Il faut le dire d’emblée, parce que c’est la première surprise des voyageurs : la ville de Sa Pa n’est plus la station de montagne des années 1990. Depuis l’ouverture de l’autoroute en 2014, elle s’est couverte d’hôtels de dix étages, de karaokés et de chantiers. Le centre est bruyant et sans intérêt.Ce qui vaut le voyage est à côté : les vallées de Muong Hoa, de Ta Van et de Ban Ho, où vivent Hmong noirs, Dao rouges, Tay et Giay, avec leurs terrasses qui descendent sur mille mètres de dénivelé. Notre règle est simple : on ne dort pas en ville, on dort dans un village.
On ne dort pas dans la ville de Sa Pa. On dort dans un village de la vallée.
Ce qui vaut encore le voyage
La vallée de Muong Hoa, sur une vingtaine de kilomètres, offre l’un des plus beaux paysages agricoles d’Asie : des terrasses étagées des deux côtés de la rivière, des hameaux accrochés aux pentes, des buffles sur les diguettes. On la parcourt à pied d’un village à l’autre, en trois à six heures selon l’itinéraire.Les gravures rupestres de Muong Hoa, plus de deux cents blocs sculptés il y a mille ans de motifs géométriques encore énigmatiques, s’observent au bord du chemin. Et le Fansipan, trois mille cent quarante-trois mètres, plus haut sommet d’Indochine, s’atteint en téléphérique en vingt minutes — ou à pied en deux jours, ce qui reste une vraie course de montagne.
Marcher, et avec qui
Les randonnées classiques relient Lao Chai, Ta Van, Giang Ta Chai et Ban Ho, par des sentiers de terre entre les rizières. Le dénivelé est réel et la boue omniprésente dès qu’il a plu : chaussures fermées obligatoires.Un point compte plus que l’itinéraire : le guide. Nous travaillons avec des guides hmong et dao des villages traversés, pas avec des accompagnateurs venus de Hanoï. La différence est entière — on entre chez les gens, on comprend ce qui pousse, on sait pourquoi telle maison a un autel et telle autre pas. C’est aussi la seule façon de faire rester l’argent dans la vallée.
Les vendeuses qui suivent les groupes
Vous serez abordé dès la descente de voiture par des femmes hmong en costume qui vous accompagneront parfois plusieurs heures avant de proposer leurs broderies. Ce n’est ni du harcèlement ni une arnaque : c’est devenu un vrai métier pour des familles dont les terres ne suffisent plus.La façon la plus honnête de gérer cela est de décider d’avance : soit vous achetez quelque chose à une personne au début de la marche — comptez cinq à quinze euros pour un ouvrage bordé main —, soit vous dites non clairement et gentiment dès le départ. L’attitude qui énerve tout le monde est celle du « peut-être plus tard » répété pendant trois heures.
Sa Pa ou Pu Luong ?
Si vous voulez les terrasses les plus hautes, la puissance du paysage et le Fansipan, c’est Sa Pa — en dormant en vallée. Si vous voulez la même chose en plus calme, sans ville ni vendeuses, à quatre heures trente de Hanoï au lieu de six, c’est Pu Luong.Beaucoup de nos voyageurs finissent par faire Pu Luong au lieu de Sa Pa, et pratiquement aucun ne le regrette. Sa Pa garde l’avantage sur une chose : la diversité ethnique, réellement plus grande.
Quand venir et comment y aller
Septembre et octobre pour les rizières dorées, mars à mai pour les fleurs et les terrasses en eau. De décembre à février, il fait entre zéro et dix degrés, la brume noie souvent la vallée et il neige parfois sur le Fansipan. Juillet-août sont verts mais très pluvieux, avec des glissements de terrain.Le train de nuit jusqu’à Lao Cai puis une heure de route reste notre choix : on dort en roulant et l’on arrive au petit matin. L’autoroute met cinq heures trente depuis Hanoï.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
Dormir en ville. C’est la principale cause de déception à Sa Pa.
Venir en janvier en espérant les paysages : la brume ne se lève pas certains jours.
Randonner en baskets de ville après la pluie.
Y consacrer une seule nuit après le train : on repart sans avoir marché.
Le calendrier des rizières, mois par mois
La question qui décide de tout à Sa Pa n’est pas où aller mais quand. Les terrasses ne donnent qu’une récolte par an, et le paysage change complètement selon la semaine où vous arrivez.
Période
État des terrasses
Notre avis
Mai – juin
Mise en eau, miroirs
Les terrasses reflètent le ciel, marche après marche. Moins connu que la saison dorée, aussi beau.
Juillet – mi-août
Vert intense
Spectaculaire mais très pluvieux, avec risque de glissements de terrain.
Fin août – mi-septembre
Doré, moisson
La fenêtre que tout le monde cherche. Trois semaines, pas davantage.
Octobre – novembre
Champs coupés
Air sec, ciel clair, excellente lumière pour marcher. Plus de riz doré.
Décembre – février
Terre nue
0 à 10 °C, brume tenace, neige possible sur le Fansipan. À éviter pour le paysage.
Mars – avril
Labours, floraisons
Pruniers et poiriers en fleurs, températures douces. Notre période préférée pour la randonnée.
Une comparaison utile : à Mu Cang Chai, à cent kilomètres de là, la moisson tombe de la mi-septembre à début octobre — deux à trois semaines plus tard qu’à Sa Pa. Si vos dates sont fixées fin septembre, c’est vers Mu Cang Chai qu’il faut aller.
Choisir sa vallée
Muong Hoa, la plus spectaculaire
Vingt kilomètres de terrasses étagées des deux côtés de la rivière, avec les villages de Lao Chai, Ta Van et Giang Ta Chai. C’est le paysage que vous avez vu en photo. C’est aussi le plus fréquenté : partez tôt, ou marchez en sens inverse des groupes.
Ta Phin, la plus calme
À douze kilomètres au nord, une vallée dao rouge avec un monastère français en ruine, construit en 1942 et abandonné cinq ans plus tard. Moins de terrasses, plus de tranquillité, et les bains de plantes médicinales dao — une cuve de bois remplie d’une décoction de vingt à cent vingt plantes, portée à quarante degrés.
Ban Ho, la plus basse
Six cents mètres d’altitude seulement, au bord d’une rivière où l’on se baigne, chez les Tay. C’est la vallée où nous envoyons ceux qui viennent en hiver : il y fait dix degrés de plus qu’à Sa Pa et la brume y descend rarement.
Y Ty, pour les initiés
À soixante-dix kilomètres, sur la frontière chinoise, une région ha nhi très peu visitée, connue pour ses « mers de nuages » entre septembre et avril. La route est longue et l’hébergement sommaire ; c’est un choix de voyageur expérimenté.
Combien coûte un séjour à Sa Pa
Par personne et par jour, hors transport depuis Hanoï.
Poste
Simple
Confortable
Nuit chez l’habitant
10 – 25 €
—
Nuit en écolodge ou hôtel
—
60 – 200 €
Repas
3 – 6 €
12 – 25 €
Guide local à la journée
20 – 35 €
—
Téléphérique du Fansipan
~ 30 €
—
Train de nuit Hanoï – Lao Cai
25 – 60 €
—
Le poste qui compte vraiment est le guide. Un guide hmong ou dao du village traversé coûte vingt à trente-cinq euros la journée, et c’est ce qui sépare une marche dans un paysage d’une visite chez des gens : on entre dans les maisons, on comprend ce qui pousse, on sait pourquoi telle famille a un autel et telle autre pas. C’est aussi la seule façon de faire rester l’argent dans la vallée.
Une question ?
Une question sur cette étape ?
Écrivez-nous sur WhatsApp, la réponse arrive dans la journée.
Oui, à condition de dormir dans la vallée et de marcher. Si votre programme ne prévoit que la ville et un village accessible en voiture, nous vous orienterons plutôt vers Pu Luong.
Combien de nuits prévoir ?
Deux nuits au minimum, trois si vous voulez ajouter un marché ethnique ou l'ascension du Fansipan. La route depuis Hanoï prend une demi-journée dans chaque sens.
Faut-il être sportif pour randonner ?
Non. Les journées font cinq à douze kilomètres avec un dénivelé modéré, et nous adaptons la distance. Les chemins deviennent glissants après la pluie : des chaussures fermées sont indispensables.
Peut-on dormir chez l'habitant ?
Oui, dans les hameaux de Muong Hoa. Chambre simple ou dortoir familial, salle de bains partagée, repas pris avec la famille. C'est ce que nous proposons en priorité.
Quand voir les rizières dorées à Sa Pa ?
De fin août à la mi-septembre, une fenêtre de trois semaines. À Mu Cang Chai, à cent kilomètres, la moisson tombe deux à trois semaines plus tard : si vos dates sont fin septembre, allez-y plutôt.
Combien coûte un guide local à Sa Pa ?
Vingt à trente-cinq euros la journée pour un guide hmong ou dao du village traversé. C’est le poste qui change le plus la qualité du séjour, et celui qui fait rester l’argent sur place.
Sa Pa vaut-il encore le voyage ?
La ville, non : elle s’est couverte d’hôtels de dix étages depuis 2014. Les vallées, oui, sans réserve. La règle est simple : on ne dort pas en ville, on dort dans un village.